L’éducation au politique dans les disciplines scolaires : contributions du droit, du français, de la géographie, de l’histoire, des arts, des SVT et des mathématiques aux compétences citoyennes

Personnes coordinatrices : Sylvain Doussot, Marc-André Éthier, Nadine Fink, David Lefrançois

Nous proposons d’explorer cet enjeu par la discussion comparatiste entre les didactiques disciplinaires qui contribuent au symposium. Cette discussion explorera les cinq perspectives suivantes.

Se pose aussi la question de savoir si et comment les disciplines prennent en charge la dimension éthique de l’éducation au politique, surtout l’articulation entre savoirs et valeurs. Comment les disciplines scolaires et les didactiques traitent-elles des valeurs et travaillent-elles le principe selon lequel les processus d’enquête scientifiques visent à diminuer le poids moral des idées à l’origine valorisées pour leur donner une valeur scientifique (Doussot et Fink, 2025) ?

  • Les domaines de référence des enseignements scolaires ont des rapports ambivalents au politique, soit descriptifs et normatifs, soit critiques. Par exemple, l’histoire ou la littérature peuvent rendre compte du fonctionnement des sociétés ou mettre au jour les tensions qui les structurent. 
  • Les disciplines articulent différemment le rapport entre problèmes de société et problèmes de savoir sur les problèmes de société. Ce point remet en question la productivité de dispositifs, tels ceux qui font jouer des rôles pour caractériser les positions dans une controverse sur les solutions possibles, plutôt que sur la connaissance et la conceptualisation de ce qui fait controverse, et donc les enquêtes disciplinaires qu’on peut mener sur elle pour aborder le problème de société (Doussot et coll., 2024b ; Hervé, 2019).
  • Les activités de référence des acteur∙rice·s de ces domaines peuvent relever de positions variées, voire opposées quant aux questions de pouvoir et de rapports de pouvoir dans les sociétés démocratiques (expertise, militantisme, production de savoirs scientifiques). On identifie là des degrés d’engagement politique variés qui invitent à s’interroger sur ce que peuvent en dire les enseignements correspondants, et leur « neutralité » ou objectivité. Cela met en jeu la question de l’action, de l’éducation à l’action et son rapport aux savoirs.
  • Les enjeux d’engagement et d’action – scientifiques, experts, militants – mettent en lumière différentes catégories d’analyse qui ont des conséquences didactiques, entre focalisation sur les faits (résultats des recherches qui servent d’arguments aux expert·e·s, aux militant·e·s…) ou focalisation sur les démarches de référence (les pratiques de savoir propres à chaque discipline).