Pluralisme convictionnel, polarisation et thèmes sensibles en contexte scolaire

Personnes coordinatrices : Sivane Hirsch, Anne-Claire Husser, Heinzen Samuel

Dans un contexte croissant de polarisation sociale, où tous et toutes sont invité.es à se placer dans un rapport entre “nous” et “eux” sur à peu près tous les débats sociaux, l’école est appelée à jouer un rôle important dans la création d’un “espace de courage” (Arao et Clemens, 2013). Il s’agit en effet de préparer les élèves au dialogue social qui dépasse le seul objectif de “gagner” le débat politique, typique des autres espaces sociaux de dialogue – notamment les médias et les réseaux sociaux – auxquels les élèves sont exposés régulièrement. En effet, l’école a la responsabilité de respecter le pluralisme convictionnel qui caractérise les sociétés démocratiques et, en ce sens, doit composer avec une diversité des manières de voir le monde et de le comprendre. C’est ainsi que de plus en plus des thèmes abordés à l’école – qu’ils fassent partie du curriculum ou qu’ils s’imposent en classe par l’actualité – peuvent être perçus comme “sensibles”  (Hirsch et Moisan, 2022), des questions socialement vives (Legardez et Simonneaux, 2006) ou encore des controverses sociotechniques (Groleau et Pouliot, 2020), socio scientifiques (Albe, 2009) ou politiques (Hess et McAvoy, 2015). Alors que la recherche propose d’analyser les défis pédagogiques, éthiques ou même juridiques que ces thèmes posent en classe, elle peut elle-même rencontrer des défis particuliers, tant dans la définition de l’objet, de la méthodologie choisie et de la démarche mise en œuvre pour documenter les pratiques.

En poursuivant la réflexion amorcée depuis le REF 2019 par le groupe “Religions et Identités culturelles en contexte scolaire”, ce symposium rassemblera 11 contributions issues de Belgique, France, Québec et Suisse abordant des thèmes sensibles d’ordre religieux (ex : la question du « radicalisme religieux »), politique (ex : la laïcité en France métropolitaine et à la Réunion, l’histoire de la colonisation, les lois mémorielles, l’éducation à l’environnement)  ou éthique (ex : la liberté d’expression et ses limites, l’éducation à la sexualité) qui font, à des degrés divers, l’objet de polarisations dans le champ éducatif. Les angles d’analyse adoptés seront particulièrement nombreux et diversifiés : philosophique (en particulier épistémologique et éthique), juridique, historique, sociologique, sciences des religions, sciences de l’éducation et didactique.