Comment repenser le format de la thèse monographique pour favoriser l’insertion des doctorant.e.s dans des environnements professionnels diversifiés ?

Personnes coordinatrices : Catherine Déri, Elsa Chachkine, Maryvonne Charmillot

Le doctorat représente une formation avancée à la recherche, par la recherche, qui suppose le développement d’une multitude de compétences (Maymon et al., 2019). Il est attendu de la personne au doctorat qu’elle atteigne une autonomie intellectuelle pour « conceptualiser, élaborer et mettre en oeuvre des projets qui donnent lieu à de nouvelles connaissances » (Conseil des ministres de l’Éducation, 2007). La thèse de doctorat n’est donc pas seulement un projet qu’il faut réaliser et rédiger, mais bien une période où l’apprenti.e-chercheur.se doit apprendre à maîtriser le processus scientifique de façon indépendante. Ce processus implique l’étude de problématiques contemporaines nécessitant des approches transdisciplinaires et intercontextuelles (Porter et al., 2018). C’est alors que la thèse traditionnelle (monographique) est remise en question puisqu’elle ne tient plus lieu du moyen exclusif de professionnalisation des doctorant.e.s, c’est-à-dire de « fabriquer des professionnels via des dispositifs de formation développant des compétences » (Wittorski, 2022, p. 235).
Au cours des dernières années, de nombreux formats de thèse sont apparus, comme la thèse par articles (Pozniak et al., 2023), la thèse professionnelle (Le Breton et van den Bussche, 2023) et la thèse de création artistique (Petrarca et Hughes, 2014). De plus, le concept de thèse « à deux » est en voie de développement, afin de miser sur la nature sociale et collaborative de la rédaction académique (Tremblay-Wragg et al., 2020). Non seulement la valeur de ces formats alternatifs peine à être reconnue par les universités, mais celles-ci ne constituent plus le principal débouché professionnel pour les docteur.e.s.
Dans ce symposium, nous chercherons à comprendre dans quelle mesure l’adoption d’un format de thèse, qui peut être en adéquation avec les aspirations professionnelles de l’apprenti.e-chercheur.se, reconfigure la production des savoirs des recherches doctorales. Nous nous demanderons si cette diversification induit une remise en question du développement de l’auctorialité scientifique (Mason et al., 2025) et de l’encadrement des superviseur.e.s de recherche (Duchesne et al., 2023). La professionnalisation des doctorant.e.s demeurera toutefois notre préoccupation principale, en étudiant le format de la thèse pour en décliner les enjeux épistémologiques, disciplinaires et institutionnels, ce qui prolongera notre exploration des dispositifs de formation amorcée au REF2024.