Construction et trajectoire des interactions et descollectifs de travail

Personnes coordinatrices : Maryvonne Merri, Géraldine Body, Cecilia Mornata

Comprendre les articulations entre interactions humaines et activité collective demeure une question vive et ouverte. Ce symposium propose d’interroger ce qui se partage dans les interactions humaines, vues comme multimodales (Kress et al., 2006) et d’explorer comment elles influencent l’activité collective (Caroly, 2019). Toute interaction ne produit pas forcément une activité collective et toute activité collective ne repose pas toujours sur un véritable collectif de travail. L’activité collective est ici abordée comme un objet d’étude à part entière, appelant une approche interdisciplinaire. Le symposium analysera les conditions dans lesquelles les interactions humaines nourrissent (ou non) une activité véritablement collective en contexte de travail et de formation, à travers trois axes :
Le premier axe étudie les relations entre contenu des interactions, modalités d’échange langagières et corporelles, et activité collective. Il s’agira d’analyser comment les interactions se construisent, évoluent et s’ajustent selon les contextes, les participant·e·s et leurs enjeux. Quels facteurs soutiennent ou freinent ces dynamiques ? Quelles résistances émergent face aux changements ? Existe-t-il une mémoire interactionnelle influençant les échanges futurs ? Cet axe propose une lecture dynamique des trajectoires interactionnelles, marquées par des continuités, des ruptures, des apprentissages, et interroge les conditions propices à l’émergence d’une activité collective.
Le deuxième axe porte sur les ressources théoriques, et méthodologiques mobilisées par les chercheur·e·s pour analyser les interactions et soutenir les dynamiques collectives à des fins de recherche ou de formation (Filliettaz et al., 2021). Il s’agira d’examiner les concepts, méthodes et dispositifs utilisés pour documenter l’activité collective et favoriser l’engagement. Quels effets produisent-ils sur les collectifs ? Dans quels contextes sont-ils pertinents ? Quels sont leurs limites et leviers ?

Le troisième axe concerne les objets de recherche éclairés par l’articulation interactions/activité. Comment sont-ils choisis ? Quelle est la portée formative des résultats et quelle est la transposition vers des pratiques de formation ?
Ces questionnements ouvriront à une redéfinition des relations entre individu et collectif, et à une conception de la formation non plus centrée sur la responsabilité individuelle, mais sur une activité où les personnes reconstruisent ensemble leur rapport au travail.