La planification et la préparation à l’enseignement : comprendre, accompagner, former, outiller

Personnes coordinatrices : Agnès Deprit, Geneviève Messier, Léna Bergeron

La planification est une tâche essentielle du métier de l’enseignant. À ce titre, elle est présente dans tous les curricula de formation à l’enseignement de la francophonie. Si cette tâche constitue un moment réflexif où les décisions sont prises en faveur de l’apprentissage, force est de constater qu’elle est insuffisamment explorée dans la recherche. En effet, depuis Schön qui a dévoilé l’existence d’une pensée réfléchie « dans » et « sur » l’action, la formation et la recherche mettent un point d’honneur à s’y atteler, laissant quelque peu de côté la réflexion préactive « pour » l’action. Il parait pourtant indispensable de s’y intéresser : la comprendre, l’accompagner, mais aussi former et outiller à cette tâche du métier.

Au niveau terminologique et conceptuel, les francophones, selon leur pays d’origine, en parlent suivant des termes qui se chevauchent, sans un véritable consensus : planification, compétence à planifier, programmation, conception pédagogique, préparation de leçon, préparation de l’enseignement…  Ceci entraine un manque de clarté sur les objets de recherche y afférent et impose de comprendre ce que recouvre réellement la planification.

Au niveau des planificateurs, cette tâche est souvent perçue comme compliquée. Dès la formation initiale, ils peinent à transférer les savoirs appris dans le contexte spécifique de leur pratique. Accompagner la planification s’avère donc indispensable et subtil étant donné que chaque (futur) enseignant comprendrait différemment le sens assigné à cette tâche et adopterait une démarche planificative propre. Comment s’y prendre?

Au niveau des formateurs, ils soutiendraient peu la compétence à planifier, la considérant acquise tout en la sollicitant largement. La recherche, de son côté, fait peu état de dispositifs pédagogiques qui favorisent le développement de cette compétence et quand elle le fait, ces dispositifs restent bien souvent isolés alors qu’ils gagneraient à devenir de véritables appuis scientifiques pour les concepteurs de formation. S’intéresser aux dispositifs de formation et aux expériences d’apprentissage qu’ils ont permis de générer parait, dès lors, indispensable.

Au niveau des outils jouant un rôle organisant, la démarche linéaire (objectif – activité – évaluation) souvent traduite dans les ressources rendues disponibles pour aider à réfléchir formaterait la pensée, suggérant qu’il n’y a qu’une seule manière de planifier, voire d’enseigner. Entre les institutions d’enseignement, les milieux scolaires, les maisons d’édition, tous proposent (ou imposent) des outils, qui sont nécessairement porteurs d’une certaine façon d’envisager la réflexion et la prise de décisions planificatrices. Sans oublier qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle capable de produire une leçon à partir d’une idée formulée, un autre formatage semble s’imposer. Outiller les planificateurs semble donc un autre défi d’aujourd’hui.