La formation à l’enseignement : collaborer pour former et se former en collaborant

Personnes coordinatrices : Annie Malo, Catherine Van Nieuwenhoven, Valérie Lussi Borer, Liliane Pelletier

L’enseignement est un métier d’interactions humaines (Mukamurera et al., 2018; Piot, 2009) entre un enseignant et des élèves. Or, ce métier s’est complexifié (Progin et al., 2015; Tardif et LeVasseur, 2010) et l’enseignant est appelé à collaborer dans et hors de la classe (Marcel et al., 2007; Marcel et Piot, 2005). Que ce soit dans le cadre des programmes de formation, dont le but est de soutenir l’appropriation de l’exercice du métier, ou dans le cadre du contexte scolaire toujours en évolution, une collaboration dans des situations dites d’intermétiers (Allenbach et al., 2021) ne relève pas de l’évidence (Pelletier, 2022). Il est donc pertinent de se pencher sur deux volets de la collaboration en lien avec la formation à l’enseignement, tant initiale que continue : collaborer pour former, notamment dans les programmes de formation initiale, et se former en collaborant, dans le contexte du travail notamment, dans la perspective d’une éducation pour tous (Pelletier et Priolet, 2024). Les modalités de recherches participatives, collaboratives, en partenariat et orientées activité (Albero, 2013; Barry et Murray, 2020; Broussal et Aussel, 2022; Couture et al., 2024; Desgagné et al., 2002; Kamga et al., 2023; Lussi Borer et al., 2015 ; Savournin et Pelletier, 2025) ont pris leur essor dans une visée de rapprochement des deux cultures selon différents rapports de positions et de hiérarchisation des partenaires (Monceau et Soulières, 2017). Une posture compréhensive, non déficitaire (Malo, 2008; Malo et Van Nieuwenhoven, 2024), tant de la part des formateurs que des chercheurs, semble une voie prometteuse afin que cette collaboration soit féconde. En outre, considérer les asymétries sous l’angle de complémentarités constituerait un principe organisateur de la collaboration (Marlot et Roy, 2020; Pelletier et Conus, 2025, Thomazet et Mérini, 2014 ; Thomazet et Rix-Lièvre, 2018). Enfin, on peut se demander comment l’espace dans lequel elle se déroule affecte la collaboration, par exemple dans l’urgence du milieu scolaire, dans le rapport distancé de l’université ou dans un troisième espace à inventer (Van Nieuwenhoven et Huet, 2024). Quelles retombées produit la collaboration en formation à l’enseignement pour les différents partenaires? La collaboration permet-elle de tenir une double vraisemblance (Dubet, 1994) des résultats pour les différentes cultures professionnelles concernées, incluant celle de la recherche?