Pour une éducation physique génératrice d’apprentissages durables : quels résultats de recherche pour l’enseignement et la formation ?
Personnes coordinatrices : François Vandercleyen, Benoît Lenzen, Mathilde Musard
Dans une perspective de développement durable (ONU, 2015), les politiques éducatives de plusieurs pays du monde soutiennent la mise en œuvre d’une éducation à la durabilité (Sauvé et al., 2017). Puisque toutes les disciplines scolaires sont concernées par ces enjeux de « durabilité » (Therriault et al., 2024) – du moins potentiellement –, qu’en est-il de l’éducation physique (ÉP)?
Plusieurs études (Baena-Morales et Ferriz-Valero, 2023; Fröberg et Lundvall, 2021; Schnitzler et Saint-Martin, 2021) se sont intéressées récemment au rôle différencié de l’ÉP dans l’éducation à la durabilité. Celles-ci permettent de tisser des liens entre des ODD et certaines finalités éducatives propres à l’ÉP (ex. : ODD3 « Santé et bien-être » et la promotion d’un mode de vie physiquement actif ; ODD5 « Égalité des genres » et la lutte contre les inégalités par la pratique sportive, etc.). Cependant, outre le peu de données empiriques existantes pointées actuellement, certains (Royet et al., 2023) insistent sur la nécessité d’aller vers une approche holistique de l’éducation durable en ÉP en considérant l’interdépendance de trois piliers du développement durable (écologique, économique et social).
Par ailleurs, l’ÉP est souvent pointée du doigt par ses détracteurs pour son faible impact estimé sur la vie future des élèves. Au-delà des prescriptions curriculaires et des finalités éducatives propres à chaque programme, comment l’ÉP contribue-t-elle à des apprentissages durables? À quelles conditions? Quels résultats de recherches permettent-ils d’en attester?
Se distinguant du concept d’éducation durable (issu principalement du paradigme écologique), la notion d’« apprentissage durable » renvoie aux pratiques – enseignantes ou de formation – permettant de produire des apprentissages qui s’inscrivent dans la
durée, avec une forme de stabilité voire de résilience (Carpentier et al., accepté). Ces pratiques impliquent la nécessité d’inscrire le travail des apprenants dans un empan temporel long (ex. : séquences d’activités d’apprentissage signifiantes et alignées d’un point de vue didactique en fonction d’objets de savoir précis). Plus précisément, s’appuyant notamment sur les travaux de Hays et Reinders (2020) et de Ben-Eliyahu (2021), Carpentier et al. (accepté) définissent l’apprentissage durable comme « une approche où les gestes professionnels des enseignant·e·s favorisent le développement d’apprentissages (savoirs, savoir-faire, savoir-être) qui s’inscrivent dans la durée, qui peuvent être mobilisés dans différents contextes, et qui se construisent et se (re)construisent tout au long de la vie » (p.4).
A partir de cette problématique, notre symposium entend interroger les pratiques d’enseignement en milieu scolaire et/ou de formation initiale qui font obstacle ou au contraire facilitent l’émergence d’apprentissages durables en ÉP. En ce sens, des résultats de recherches – théoriques ou empiriques – qui abordent cette question en rendant compte du point de vue des apprenants sont sollicités.