Savoirs, visions du monde et citoyenneté dans un monde incertain

Personnes coordinatrices : Magali Fuchs Gallezot, José-Luis Wolfs, Marco Barroca-Paccard, Abdelkrim Hasni

Dans un monde globalisé, multiculturel, cherchant à répondre aux différents défis contemporains et en proie à la montée des extrêmes, les élèves et enseignants évoluent dans un environnement complexe caractérisé par une incertitude croissante et par une redéfinition des conditions d’accès et de légitimation des savoirs.

Parallèlement, l’espace public, largement façonné par internet et les réseaux sociaux, met en circulation et en concurrence des formes hétérogènes de discours et de « savoirs» :  savoirs disciplinaires, autochtones, informations vérifiées, fake news, opinions, croyances (religieuses ou non), etc. Certaines formes de savoir, qui ne relèvent pas des disciplines académiques (en particulier scientifiques) influencent les perceptions et la réception des savoirs de ces disciplines dans l’espace scolaire notamment sur des sujets controversés ou, plus globalement, les conceptions mêmes des sciences.

Ce symposium s’inscrit dans la continuité des discussions amorcées en 2024 lors du symposium « savoirs, visions du monde et registre de vérité ». Il propose d’interroger deux dimensions centrales dans un monde complexe caractérisé par les incertitudes, la diversité des savoirs, des visions du monde et de l’appréhension de leurs modalités d’élaboration :

  1. La coexistence des caractéristiques qui précèdent peut créer des tensions pour les enseignements entre respect des convictions personnelles, des ancrages culturels et apprentissage de savoirs disciplinaires. Quelles représentations des savoirs sont mises en jeu ? Comment l’éducation peut-elle faire appréhender, articuler la pluralité des types de discours et régimes de vérité, sans confusion, ni relativisme tout en respectant la diversité culturelle ?
  2. Dans une perspective citoyenne, cette complexité rend le développement d’une pensée critique cruciale. Comment former des élèves capables de comprendre la robustesse des savoirs disciplinaires tout en acceptant une certaine incertitude scientifique, de saisir la pluralité dans les sciences ? Comment former de futurs citoyens attentifs à leurs émotions, capables de participer de façon constructive aux controverses socio scientifiques et de fonder leurs décisions en raison, dans une perspective démocratique ? Comment l’éducation peut-elle promouvoir un dialogue critique, prenant en compte les tensions entre croyances et savoirs disciplinaires ?