Lire-écrire à l’écran : quelle évolution des pratiques et des compétences des jeunes à l’école?

Personnes coordinatrices : Nathalie Lacelle, Sandrine Bazile, Christophe Ronveaux

Les jeunes ont des compétences en réception et production de contenus numériques qui leur viennent, en grande partie, de leurs pratiques culturelles informelles (Richard et Lacelle, 2020). Il apparait qu’ils intègrent les codes de la production numérique sans pourtant avoir reçu de formation explicite et qu’ils savent mobiliser, au sein de leurs productions, privées comme scolaires, des procédés divers, tels l’éditorialisation du texte, le déploiement d’animations textuelles ou multimodales. Les enseignants intègrent progressivement le numérique dans différentes activités de lecture et d’écriture sans que des prescriptions claires, des programmes de formation universitaire ou des outils didactiques et pédagogiques orientent et balisent leurs pratiques. Autant pour les enseignants que pour les jeunes, l’évolution des corpus et des objets lus et produits, tout comme des outils et des dispositifs mobilisés en contexte de production comme de réception, repose sur les transformations technologiques qui façonnent l’horizon culturel contemporain.

L’accélération technique a bouleversé la production de savoirs et ses modes de stockage. À côté du savoir lire, l’importance du savoir chercher s’accroit (Macedo-Rouet, 2022). Les espaces d’inscription des textes, dissociés de leur espace de stockage, font l’objet de traitement automatisé et spécifique. La scénarisation informatique des contenus sur écran semble modifier le rôle du lecteur (Souchier et al., 2019). Ces évolutions témoignent de compétences informelles diverses (critiques, sémiotechniques, etc.); elles poussent à questionner autrement la place du numérique et son rapport au lire-écrire, et à interroger, à la suite de Ronveaux (2021), l’impact potentiel de « l’arrivée de nouvelles formes textuelles (livre minute, blog, booktube, documentaire numérique) sur le modèle didactique des genres » et des types textuels.

Quelles compétences et quels savoirs et savoir-faire sont travaillés aujourd’hui? De quelles nouvelles pratiques culturelles témoignent ces évolutions? Comment est intégrée progressivement la compétence numérique dans les classes de français? Comment l’arrivée de l’intelligence artificielle générative transforme-t-elle le rapport à la lecture, à l’écriture à l’écran? Afin de répondre à ces questions, nous proposons de dégager des pratiques scolaires de lecture et d’écriture à l’écran qui témoignent d’évolutions de trois ordres : le rapport à l’écran; les savoirs visés; les compétences travaillées.