Des pratiques d’enseignement plus inclusives : expliquer et comprendre les écarts entre les intentions et engagements internationaux et les pratiques effectives ?
Personnes coordinatrices : Jeanne Koudogbo, Frédéric Dupré
En 2006, l’Organisation des Nations unies adoptait la convention relative aux droits des personnes handicapées. Dans son article 24, la convention reconnait le droit de ces personnes à l’éducation et demande aux états de veiller à ce que les personnes handicapées ne soient pas exclues du système d’enseignement général et qu’elles puissent avoir accès à un enseignement primaire inclusif, de qualité et gratuit (ONU, 2006). La Belgique, le Canada, la France et la Suisse ont ratifié depuis plus de dix ans maintenant cette convention. D’autres textes comme la déclaration de Salamanque engagent en faveur d’une éducation pour tous dans le système éducatif « normal » (UNESCO, 1994, p. viii). Cependant, les dernières observations des Nations Unies font état de nombreuses préoccupations et formulent des recommandations communes pour ces quatre pays comme le fait de mettre en place d’une éducation inclusive de qualité pour tous les enfants handicapés (ONU, 2017, 2021, 2022, 2024). Cela témoigne d’un écart entre ces intentions internationales et la mise en pratique effective.
Ces tensions rejoignent de nombreux travaux de recherche qui mettent en évidence que la mise en œuvre de politiques en faveur de l’éducation inclusive ne suffit pas à garantir l’accès à l’école ou encore l’accessibilité des situations d’enseignement apprentissage pour tous les élèves (Benoit, 2013; Bergeron & Prudhomme, 2018; Dupré et al., 2024). Il nous semble aujourd’hui important d’examiner en profondeur la notion de pratiques inclusives qui, bien que souvent mobilisée dans l’espace scientifique et public, demeure encore peu définie. Au-delà de ces enjeux définitoires, la question du pouvoir d’agir des acteurs pour réduire les écarts évoqués se pose. C’est ce double enjeu que nous proposons d’explorer dans le cadre de ce symposium à partir de nos différents positionnements épistémologiques.
Les propositions de contributions devront approfondir ces questions en s’inscrivant dans l’un des 3 axes suivants :
- Des textes qui rendront compte de recherches collaboratives/participatives qui visent à développer des pratiques d’enseignement plus inclusives.
- Des textes qui s’attacheront à définir la notion de pratiques d’enseignement inclusives.
- Des textes qui étudieront des pratiques ordinaires dans des contextes de scolarisation qualifiés institutionnellement d’inclusifs.