Flexibilité cognitive et apprentissages
Personnes coordinatrices : Natacha Duroisin, Jérôme Clerc, Emmanuel Sander, Brault-Foisy Lorie-Marlène
La flexibilité cognitive constitue l’une des fonctions exécutives. Elle peut être définie comme l’ensemble des processus cognitifs de haut niveau qui permettent d’adapter volontairement son comportement à des objectifs nouveaux ou changeants. Cette capacité à changer de perspective, à passer d’une tâche à une autre ou à ajuster ses stratégies face à un contexte mouvant, joue un rôle fondamental dans les apprentissages formels et informels. La littérature met en évidence son implication dans des domaines variés tels que la résolution de problèmes, la compréhension en lecture, l’apprentissage des mathématiques ou encore l’appropriation de nouvelles consignes (Diamond, 2013 ; Cartwright, 2012).
Ce symposium s’inscrit dans la continuité des précédentes éditions consacrées aux fonctions exécutives, tout en recentrant la réflexion sur cette composante spécifique encore trop peu étudiée en comparaison à l’inhibition, par exemple. Il s’agit ici d’approfondir les connaissances relatives à la flexibilité cognitive, à son développement, à ses liens avec la réussite scolaire, mais aussi aux modalités d’évaluation et d’intervention permettant de la soutenir dans une perspective éducative.
Les contributions abordent, entre autres, les questions suivantes : Dans quelle mesure la complexité des contenus scolaires et la familiarité d’automatismes bien ancrés influencent-elles la mobilisation de la flexibilité cognitive dans les apprentissages fondamentaux ? Comment la flexibilité conceptuelle soutient-elle le développement d’une expertise adaptative et le transfert des connaissances dans des situations nouvelles ? Quels effets une intervention fondée sur la catégorisation flexible peut-elle avoir sur l’apprentissage de la conjugaison, en comparaison aux approches traditionnelles de mémorisation ? La flexibilité cognitive réactive favorise-t-elle le transfert de stratégies mnésiques chez le jeune enfant, et selon quelles conditions ? Quelles sont les influences respectives de la flexibilité cognitive spontanée et entraînée sur le raisonnement logique et la résolution de problèmes en milieu scolaire ? Dans quelle mesure la flexibilité cognitive peut-elle être un levier pour mieux comprendre et dépasser les obstacles à l’apprentissage de concepts mathématiques complexes, comme les fractions, au premier degré secondaire ?
Les propositions proviennent de champs variés tels que la psychologie cognitive, la psychologie du développement, les sciences de l’éducation, la neuropsychologie ou encore les neurosciences, en vue de croiser les regards sur cette fonction clé pour l’adaptation et la réussite en contexte d’apprentissage.