Formateurs et formatrices en formation professionnelle: entre la formation à l’école et la formation en milieu de travail. Enjeux socio-politiques, caractéristiques sociales et activité

Personnes coordinatrices : Claudia Gagnon, Laurent Veillard, Nadia Lamamra

La formation professionnelle (FP) vise la qualification et le développement de la main-d’œuvre, capable de faire face à l’évolution des milieux de travail (Le Feuvre, 2014) et aux transitions écologiques, énergétiques et numériques. Composante clé de plusieurs systèmes éducatifs, elle se situe à la croisée de l’éducation et du travail (Doray, 2016; Veillard, 2017) et offre aux jeunes et aux adultes l’opportunité d’apprendre un métier, de se perfectionner ou de se réorienter. La FP s’organise selon diverses modalités (alternance, individualisé, à distance, etc.) et a comme particularité de se réaliser à la fois dans des institutions dédiées, qui comprennent des espaces typiquement scolaires (salles de classe) et des espaces hybrides ou intermédiaires (ex : atelier de réparation automobile, salle de simulation, forêt-école, etc.) (Veillard et al., 2024 ; Métral, 2016), et en milieu de travail, soumis aux impératifs de productivité et de rentabilité. Dans une perspective écosystémique (Bronfenbrenner, 1979) et transdisciplinaire (sociologie, didactique, orientation, économie, politique, etc.), la FP est un terrain fertile pour la recherche tant au niveau de ses acteurs (élèves, enseignant-e-s, formateurs et formatrices en entreprises, gestionnaires, etc.) (onto) qu’au niveau des interactions entre ceux-ci (méso), des structures sociales et organisationnelles (exo), ou des valeurs, normes et politiques qui impactent la FP, ses acteurs et ses métiers (macro).

Ce premier symposium propose de travailler sur les formateurs et formatrices de la FP au sens large, soit les enseignant-e-s des écoles ou centres de formation professionnelle et les maitres-ses de stage ou d’apprentissage qui encadrent des stagiaires ou des apprenti-e-s sur des lieux de travail. L’étude de ces acteurs et actrices peut se faire au niveau : 

– des politiques publiques et contextes socio-économiques : Quelle place et quels rôles leur attribue-t-on ? Quelles raisons sous-jacentes (politiques, économiques, sociales) au déploiement de diverses modalités de formation et quels impacts sur les formateurs? ; 

– de leurs caractéristiques sociales : Quelle trajectoire personnelle et professionnelle ? Quelle connaissance du monde professionnel ? Quelle formation et quelles compétences pédagogiques ou didactiques ? ;

– de leur travail en situation de formation : Quelle activité au contact des divers profils des apprenant-e-s?

Ces travaux permettront de mettre à plat différents systèmes de FP à travers la francophonie et d’en questionner les fondements, les rôles, les possibilités et les limites (Lamamra et al., 2021).